Le maintien de la biodiversité repose sur des interactions complexes entre les différentes espèces, les milieux et l’homme. L’écologie de la conservation doit désormais élargir son champ d’action aux terres exploitées (« espaces ordinaires ») et œuvrer à l’aménagement des territoires.  En France, les milieux patrimoniaux ont été façonnés par les activités traditionnelles. C’est le cas du paysage bocager, bien développé dans l’ouest de la France. Il constitue un patrimoine agronomique et écologique remarquable en reposant sur un « écocomplexe composé des systèmes haies, prairies, cultures, forêt ou bois, mare, étang.  Après avoir connu son apogée au milieu du 19ème siècle, le bocage a été profondément touché par les changements de pratiques et l’intensification de l’agriculture.

        Des actions concrètes de restauration ont été mises en œuvre, depuis une décennie à l’échelle départementale et régionale notamment par l’oncfs. Le bocage fait désormais partie des milieux figurant dans les orientations régionales de gestion et de conservation de la faune sauvage et de ses habitats (ORGFH) arrêtées par le Préfet de Région en 2005. Traditionnellement, les espèces à fort intérêt cynégétique ont été largement considérées.  D’autres groupes moins emblématiques comme les reptiles et les amphibiens peuvent cependant constituer d’excellents intégrateurs de la «qualité écologique» des milieux et de leurs modes de gestion à une échelle locale.

          Nous voulons intégrer ces organismes dans l’évaluation et la gestion durable du bocage. Notre projet se base sur un partenariat entre différents acteurs (CNRS, ONCFS, Pierre Grillet, Deux-Sèvres Nature Environnement, CREN, agriculteurs, collectivités...). Nos deux objectifs principaux sont : (1) de fournir un diagnostique de la qualité écologique du bocage et (2) de proposer des mesures de gestion concrètes qui pourront être intégrées dans la politique de reconquête des paysages applicable à une échelle régionale. L’intégration d’outils éco-physiologiques (mesure du stress en particulier) constitue une approche particulièrement novatrice. Les travaux de recherche seront conduits dans différentes exploitations des Deux-Sèvres en partenariat étroit avec les agriculteurs.

La seconde phase du programme de recherche "2014-2016" est soutenue financièrement par la Fondation Biodiversité LISEA, appel à projet du 12 novembre 2012.

Ce programme a été mis en place suite à son acceptation dans le cadre de l'appel à projet "Recherche : thème Croissance Verte, excellence environnementale, éco-activités, biotechnologies et écologie industrielle" de la région Poitou-Charentes (Délibération du 23/11/2010).

Illustrations : Maryvonne Lorgeré